Introspections et tergiversations d'un esprit troublé

Ou Comment tourner en rond pas l'exemple.

mercredi 22 novembre 2006

Trou noir, ou à la recherche de la sexualité perdue.

J’ai perdu ma sexualité.


Je ne suis plus guère qu’un morceau de viande honteuse d’être nue, honteuse de mes désirs et de ma chair. Je n’ose plus laisser libre cours à mes fantasmes sinon à mon imagination. Je suis devenue exclusivement binaire : va et vient. Point barre.

Je me foutais bien d’être la prostituée, attendu que le regard de l’autre témoigne d’un putain de désir. J’étais entreprenante lorsque l’envie m’en prenait et aventurière à mes heures perdues.

Et j’en pleure parce que j’ignore ce qu’il s’est produit pour n’être devenue qu’un trou inerte, paralysée devant l’éventualité d’être jugée voire condamnée pour ce que je fais au pieu. J’ignore d’où provient la fuite d’assurance sexuelle dont je jouissais auparavant.

Alors j’appréhende le sexe. Je tourne autour, j’esquive, ou j’enclenche le mode binaire. J’en ai assez d’avoir besoin d’être rassurée, assez d’avoir peur de risquer d’être risible, assez de me sentir aussi sensuelle qu’une vodka glacée, et assez de ne pas arriver à l’exprimer.

Ainsi je romps temporairement toute communication sexuelle, et ne fais plus qu’un avec ma couette.


Posté par iepsilon à 03:19 - Sexe - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 3 janvier 2006

Anecdotes vaginales et autres mésaventures clitoridiennes

Armée de mon rasoir, je m’appliquais à éradiquer tout spécimen pileux de mon entrejambe lorsque j’ai pris conscience d’un fait : je ne savais pas quelle gueule pouvait avoir mon sexe.

Diantre ! Palsambleu !

Ma connaissance de cette zone de mon anatomie se limitait, en effet, à une perception tactile, et à une vue d’en haut nécessaire à toute précision épilatoire. Aidée d’un miroir, je décidai donc d’y remédier.
Alors ? Verdict ?… Bonjour… Enchantée…:|
C’est fou ce qu’on a l’air con avec un miroir sous le sexe.

Je me suis alors mise à repenser aux rapports tumultueux que j’avais pu entretenir avec cette chose capricieuse.
[J’avais pris soin, entre-temps, de reposer le miroir. Non, le ridicule ne tue pas].


Aux alentours de 6/7 ans, découverte surprenante sur une selle de vélo. Oh ?!
Je décidai donc, une fois seule, de procéder à une exploration manuelle superficielle.
C’est par conséquent à cette période que remonte mon premier orgasme.
Bénies soient les bicyclettes.

Vers mes 10 ans, déconvenue totale.
Ce que je pris pour un incident isolé se reproduisit au cours de chaque attouchement : j’ai nommé la cyprine. Ca ne m’arrangeait pas du tout : en effet, chaque masturbation devait à présent se conclure par un passage prolongé dans la salle de bain. Mes séances manuelles se furent en conséquence temporairement plus espacées.

12 ans, survenue sanglante.
Par chance, je portais du noir, ce jour là. Ce que je retiendrai, c’est surtout le discours un peu formel et empreint de morale de ma mère. [Aujourd’hui, tu es femme ma fille !]

13 ans. Je pars en guerre contre toute forme de pilosité.
Je décide donc d’exterminer toute population inesthétique. Cela me vaudra quelques blessures.

13 ans et demi, 1er rapport sexuel.
Extase de mon ego plus que de mon clitoris. C’était inattendu.
Je découvre qu’il y a certaines choses que nos mères évitent de nous dire, comme par exemple la survenue courante d’un mal non identifié après les 1ers rapports. Par chance, c’est à l’infirmière de l’internat que je confiai ce désagrément : j’appris donc que fréquemment, les jeunes filles souffraient d’une cystite après leurs premiers ébats amoureux.
Maudite mère nature.


Attention particulière au cunnilinctus

16 ans, je rencontrai par le biais du net un homme qui en avait 24.
Un sms retint tout particulièrement mon attention : une promesse d’un « cunni sauvage », il disait être maître en la matière.
Mais voilà, jamais je n’avais permis à quiconque de s’approcher aussi près de mon intimité.
Vint la rencontre, et inévitablement, le cunnilinctus :
Ce fut épouvantable.
Je faillis m’évanouir 2 fois.
Non, pas de plaisir.
Mes jambes tremblaient. Mes cris n’étaient pas simulés, mais je doute que mon partenaire en ait véritablement compris la nature.
Mais j’étais courageuse et je tenu bon. Chose que mon sexe ne me pardonna pas : je fus, quelques heures plus tard, réprimandée d’un cadeau ensanglanté, ainsi que d’une irritation sans précédent.
Je me promis de ne plus jamais laisser quiconque me faire subir pareille torture. Et surtout pas un « maître en la matière ».
Mais, quelques mois plus tard…

17 ans et des poussières.
Partenaire différent, je décidai de retenter l’expérience. C’était une première pour lui.
Je ne l’ai pas regretté.
Toutefois, j’avais omis de lui rappeler que, quelques minutes auparavant, il avait jouit, et pas dans un préservatif.
Je vous laisse donc imaginer sa déconvenue, ou plutôt la déconvenue de ses papilles.

Traumatisme pour moi.
C’est là que naquit un complexe de la vulve, et encore à ce jour je refuse de laisser approcher une bouche de mon vagin.

Attention particulière à la masturbation

Je remarque que la masturbation chez moi est irrémédiablement suivie d’un sentiment désagréable. Une sorte de mélancolie, peut être teintée de culpabilité. Je ne saurais pas vraiment décrire ce sentiment avec précision. Néanmoins, parfois cela provoque quelques larmes.
Pourquoi ?
J’ai pensé que peut-être ressentais-je une culpabilité sous-jacente à la sexualité ; pourtant je n’ai qu’une perception favorable de l’acte sexuel, et ne me ressens consciemment coupable d’aucune faute à ce sujet.

Féminité à la con

Je pense définitivement que nous, les femelles, sommes la cible de la vengeance de je ne sais quel être abject, qui décida sur un coup de tête de ne jamais nous faire oublier qu’être une femme, c’est pas d’bol.
La prochaine fois, je serai un transsexuel.
Ou une plante verte.

Posté par iepsilon à 09:38 - Sexe - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 10 décembre 2005

Violence, sexualité et domination

Dans la grande majorité des cas, j’ai tendance à faire dans mes rapports sexuels comme dans la vie en général : diriger les opérations, mener la danse, bref... grossièrement « commander ».
Pourtant, confidentiellement, je désire tout le contraire. Voire plus, beaucoup plus...

En effet, il semble que je sois attirée malgré moi par le sexe violent, brutal. Précisément, la seule pensée qu’un(e) homme/femme puisse me consumer (consommer ?) violemment et me dominer m’émoustille.
Comprenez moi bien, il ne s’agit pas là d’un désir de sado-masochisme [quoique le bondage... hum], mais plutôt d’être vulgairement baisée en femme-objet, comme par exemple on peut le voir dans les pornos.

Le problème, c’est que j’éprouve quelques difficultés à l’assumer, et surtout à le formuler. J’y ai déjà vaguement fait allusion, mais bien trop vaguement. Je suis d’un caractère moi-même dominant, j’aspire malgré moi à avoir le contrôle sur toute chose, et je conçois un peu mes relations de couple comme un rapport de force : par conséquent, avouer vouloir me faire dominer équivaudrait à « perdre » [trop d’ego tue l’ego -_-‘].

De plus, me placer en position de femme-objet réveille en moi quelques qualificatifs des moins élogieux : avilissant, dégradant, déshonorant, honteux, humiliant.
Et honnêtement, je suis incapable de prévoir la réaction que j’aurais si on me traitait de la sorte... un fou rire ? Une vanne odieuse ? Ou m’exécuterais-je ?

Alors je m’interroge sur l’origine de ce désir : pourquoi désirer me faire dominer ?
Il apparaît clair qu’avoir des fantasmes de rapports contraints et violents révèle une culpabilité sous-jacente liée au sexe. A savoir : « Le sexe, c’est mal, mais on si on m’y force, ce n’est plus de ma faute, je ne suis plus coupable ». Ca c’est pour le fantasme [avec nul désir de réalisation] du viol.
Vouloir se faire prendre en tant que femme objet est-il lié ?
Ou est-ce la résultante d’un manque d’estime de soi ?

Hum...

Posté par iepsilon à 09:11 - Sexe - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 9 décembre 2005

Sexualité facile ?

Je pensais à ma sexualité, et je me suis aperçue que la plupart des relations sexuelles que j’ai eues se sont déroulées le 1er soir...
A partir de là, une expression m’est venue à l’esprit : sexualité libre.
Ok, peu farouche, libérée, émancipée : ça ne me pose aucun cas de conscience.

Jusqu’à ce que l’expression fatidique ne me traverse : fille facile [vile gueuse ! pécheresse ! femme de petite vertu !]
Omfg, maman m’avait mise en garde, petite fille, contre ce genre de moeurs :
Maman : « les filles qui couchent tout de suite avec beaucoup d’hommes différents ne sont plus désirables. Quel homme peut il être attiré par une femme que beaucoup d’autres ont eu facilement ? Il n’y a plus aucun challenge, plus de défi... »

Afin de rassurer ma conscience vacillante, je cherchai alors le distinguo sexualité libre/fille facile. Et quelle ne fut pas ma consternation lorsque j’e compris qu’il n’y en avait aucun.
Ok, une minute !
C’est combien, « beaucoup » ?...

...
Bon, confrontons mes comportements sexuels et tout ce qui peut être associé au terme sexiste fort dégradant de « fille facile ».
     - « Coucher tout de suite » : c’est mal parti, coupable.
     - « Beaucoup d’hommes différents » : je reste quand même coincée sur le « beaucoup »,
          j’avoue...
joker.
     - « Coucher facilement » : Que nenni ! Je couche lorsque je suis séduite ; après, suis-je
          séduite facilement ? o_O A creuser...
          Aussi, je m’imagine très mal la conversation que je pourrais avoir à ce sujet avec
          d’anciens partenaires...
          « - Ca a été facile de me baiser ?
          - Ben j’avoue, ton sous tif et ta robe... y’avait plus simple à enlever»

Et après ? Est-ce si dramatique que ça, une sexualité facile ?
Une femme se rend elle moins excitante, aux yeux des hommes, avec quelques [moult ?] expériences lubriques à son actif ?


Les femmes, 1ères sexistes ?

Je m’aperçois que les concepts sexistes sont avant tout ancrés dans la mentalité féminine. En effet, quelle demoiselle ne s’est elle jamais interrogé, ne serait ce que quelques secondes, quant au moment propice à l’action :
=> Coucher tout de suite au risque de passer pour une dévergondée, une ‘fille facile ‘, ou trop attendre et se faire cataloguer de bonne soeur.

Par conséquent, nous nous soumettons toute seules, de notre plein gré au carcan sexiste. Pire, nous y participons activement.
C’est paradoxal, car nous nous disons toutes libérées et « féministes », mais d’un autre côté, beaucoup d’entre nous véhiculons cette mentalité, et avons la hantise d’être répertoriée « fille facile ».
Qui est-ce qui nous empêche de donner libre cours à nos désirs ? Nous même.

Par contre, le terme ne devrait plus exister... à lui seul, il nous garde bien de l’assumer.
Sexualité libre convient davantage, à mon sens.




Posté par iepsilon à 21:33 - Sexe - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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