jeudi 1 novembre 2007
Relation de couple 4.0
Il y a de ces relations qui révèlent en vous quelques failles que vous pensiez corrigées, voire même que vous ne soupçonniez pas. Ces bugs ne disparaissent malheureusement pas après redémarrage du système, ni après fermeture de l’application qui avait établi ces failles (à savoir : Relation_de_couple 4.0).
Dans le but d’élaborer un patch correctif de tous ces bugs personnels, un listing s’impose :
- GEL ET BLOCAGE DU SYSTEME.
Descriptif : Le périphérique de sortie audio principal ne répond plus, ou est perverti. Rappelons que la fonction première de la sortie audio est de vous permettre d’exprimer par des sons les calculs arithmétiques et la logique produits par le processeur (communément : la pensée).
Vous n’êtes plus à même d’exprimer votre pensée en langage clair et cohérent. Le symptôme persiste jusqu’à l’arrêt complet de la sortie audio.
Les autres périphériques ne répondent plus non plus. Exception pour l’application « Cigarette_Stress », qui boucle en tâche de fond.
Vous constatez que le processus « Colère_Rage » nécessite de plus en plus de ressources mémoires. Votre pensée calcule à toute vitesse, mais aucun périphérique de sortie ne vous permet plus de l’exprimer.
Conséquences : D’une, vous avez l’air con. De deux, vous vous en prenez plein la gueule sans pouvoir répondre (ou alors vous répondez, mais vous avez l’air encore plus con avec votre sortie audio pervertie).
Cause : Probablement une surchauffe due au processus « Colère_Rage ». Autre option, un conflit de logiciel entre les applications « Argumentation_Raisonnement » et « Cogne_le_ce_connard ». Ou les deux.
Résolution : Ah, c’est difficile. La cerise sur le bug, c’est que « Colère_Rage » devient de plus en plus insupportable. Il continue de nécessiter de plus en plus de ressources, même lorsque la dispute est passée, et démarre l’application « Panique ». Il faut faire quelque chose, mais quoi ?
Il y a la possibilité de la petite manip’ médicamenteuse, mais elle n’est pas indiquée si vous avez besoin de garder toutes vos facultés mentales, et surtout si vous ne pouvez pas enclencher « Sleep » tout de suite après. La solution temporaire « Automutilation » semble malheureusement être la plus efficace.
À long terme, il faut corriger le processus « Colère_Rage », trop gourmand en ressource.
- MODE « PERIPHERIQUE SLAVE ».
Manifestation : Lorsque l’application « Relation_de_couple 4.0 » est pervertie.
Descriptif : Votre compagnon enclenche le thème « Je suis ton père ». Votre bug à vous consiste à déclencher à votre insu le thème « Oui, papa » à la place de « Sabre laser ». Une relation très frustrante s’installe. Vous êtes petit, jeune et con. L’autre système devient grand, sage et expérimenté. Une série de bugs découle de ce thème.
Conséquences : Vous n’êtes qu’une demi-portion. Vous n’êtes plus un système intéressant. Vous avez parfois du mal à démarrer la routine procédurale « Sexe », sous ce thème là. Vous vous soumettez. Tout épanouissement devient impossible dans ce contexte là.
Cause : La dll « Confiance en soi » est corrompue, et provoque une fuite mémoire de « Estime de soi ». La backdoor « Vide_Affectif_pour_ta_gueule » peut être présente dans votre système. L’autre système possède lui aussi quelques prédispositions à ce type de bugs, mais c’est pas mon problème.
Résolution : Arrêt de l’application « Relation_de_couple 4.0 ». En cas de difficultés, tuez les processus connexes, et « Relation_de_couple 4.0 » devrait mourir toute seule. Pour que ce bug ne se reproduise pas, codez une routine afin que le thème « Sabre laser » se déclenche automatiquement en cas de « Relation_de_couple x.x ».
La solution définitive serait de remplacer la dll « Confiance en soi » et d’éradiquer « Vide_Affectif_pour_ta_gueule », cependant aucun correctif n’a été efficace jusqu’à l’heure actuelle.
L’analyse des rapports d’erreur est actuellement en cours, et d’autres bugs devraient être découverts.
dimanche 28 octobre 2007
Mutations du sybarite, et autres constats poignants
Je crois que je suis en train de muter.
Si. Il y a des trucs louches qui m’arrivent en ce moment, j’vous dis.
1. Je travaille tous les matins. Je veux dire, officiellement, dans une entreprise, en CDI, avec toutes les implications surnaturelles que cela impose.
2.Je vais à la fac presque tous les jours. J’y vais pour prendre un ascenseur qui monte très haut, et assister à des cours.
3.Je recherche un appartement. Pour y vivre seule et responsable, j’entends. Quelque chose qui sonne comme le début d’une vie pseudo indépendante.
4.Je suis, ô ciel, célibataire. Il était temps ? Mauvaises langues.
5.Je ne pense pas à mon poids. J’vous jure.
Vous me croyez, maintenant ?
La seule chose qui n’ait pas encore changé, ce sont mes visites hebdomadaires chez le grand monsieur à lunettes qui donne des bonbons qui font un peu mourir, et pas grossir. Là, chaque semaine, il essaye de me faire avaler quelques évidences. C’est le monsieur qui tente de me tirer vers le haut (chut, pervers).
En parlant de perversité, ma libido tire, elle aussi, vers le haut.
D’ailleurs, mesdames, elle me fait des choses bizarres, ma libido, depuis que j’ai dit STOP à ma pilule pour restriction budgétaire : elle se manifeste. Coïncidence ou relation de cause à effet ?
Quoiqu’il en soit, je me surprends à lorgner sur quelques inconnus dans le métro. L’idée n’est pas de leur taper la discut’ pour entendre l’éventail de leurs connaissances et la richesse de leur âme ; non, l’idée, c’est de baiser.
Quoi de plus normal, c’est ça, la libido, me direz vous ? J’ai omis un détail : l’âge de ces individus en question atteint, tout comme ma libido, des sommets. Très haut, les sommets. Fichtre.
Encore, si mon envie se portait également sur de jeunes étalons fougueux sortant à peine de leur œuf. Mais non, il me faut des rides, du poil, du qui-sent-le-renfermé, du cheveu souvent blanc, de l’expérience, de l’assurance, de la naphtaline, des cicatrices, et, surtout, de la BONNE baise. Allez savoir pourquoi j’ai associé « bonne baise » et « vieux » (pas par expérience).
Bien sûr, dans mes instants de lucidité, je me rends bien compte que ça sonne très « faire l’amour à papa ». Mais quand même, cela n’a jamais atteint ce niveau là de… décrépitude. Ca me troublerait que ce soit cela qui m’ait à ce point éloigné des joies de la semence fraiche.
Je crois que je me figure qu’un homme d’un certain âge baise mieux qu’un jeunot. L’idée de me faire prendre mon pied en prenant son temps, pendant des heures, est farouchement incompatible au jeune padawan, dans mon esprit.
Et puis, j’ai surtout envie de quelqu’un qui m’inspire l’action et tout ce qui s’en suit. J’ai envie de lire du putain de désir dans le regard de l’autre aussi ; ça, entre autre, ça m’inspire. Et cela fait bien longtemps qu’on ne m’inspire pas.
Trêve de discussions lubriques.
Mon cher docteur aux bonbons de la mort me répète qu’il faut arrêter de me remettre en question en toutes circonstances.
C’est ma mission psychédélique actuelle : arrêter de me dire que c’est à cause de moi, dès qu’il y a une merde. Arrêter de me dire qu’un connard est con avec moi parce que je le mérite. Un connard, c’est juste un connard.
J’t’invite à ma pendaison de crémaillère si tu ramènes un bon rouge, voire une belle bleue.
Donne ton âge, quand même, avant.
Hin hin hin.
mardi 17 juillet 2007
Public Averti.
Comme tout blogueur lambda, il m’arrive de jeter un œil aux recherches google renvoyant sur ce blog. Malheureusement, j’ai constaté que moult recherches ne trouvaient guère leurs réponses ici.
Soucieuse de votre bien être psychologique, je m’engage à vous orienter.
- « Clitoridiennes »
Grand mystère, ce terme est en tête du classement.
En général, cela désigne un certain nombre de femmes. Elles ne font guère partie d’une secte, ne sacrifient aucun animal. En revanche, la légende raconte que les pratiquantes sont à la recherche d’un certain graal, situé selon les dernières estimations en terres humides et broussailleuses.
Quant aux seules croyantes, ne désespérez pas.
- « Maman me branle »
T’as dû la mériter ta branlée, sale gosse.
- « Xanax surdose »
Sommeil des jours durant, tu auras.
Amnésie, tu supporteras.
Lavage d’estomac, tu subiras.
Arrêt cardiaque, tu risqueras.
Une boîte (0.25), tu ne dépasseras point.
Ou un peu con, tu es.
- « Quand on est un salaud »
On ne s’en vante pas, cher Monsieur.
- « Je suis attirante mais je n’arrive pas à conclure »
Il va donc falloir réviser le qualificatif « attirante ».
Les mouches ne comptent pas.
- « Musulmane, je me masturbe ».
Sahha.
Ce n’est pas proscrit madame. De vous à moi, je vous encourage d’ailleurs à continuer.
- « Comment détruire des pensées suicidaires ».
Il faut pour ce faire posséder quelque agilité.
Je conseille la machette, facile à manier, efficace et rapide :
Agrippez le manche de l’instrument fermement (entraînez vous à quelques mouvements afin d’éviter d’éventuelles douleurs au poignet), ce dernier devant être positionné face à vous (à la manière d’un club de golf), puis d’un mouvement ample, dirigez l’arme en direction du front. Effet immédiat. Si les symptômes persistent, consultez votre médecin traitant.
- « D’où provient la cigarette »
Généralement d’un paquet (disponible chez tous vos buralistes), ou plus rarement d’un (douteux) généreux donateur.
- « Sexualité facile ».
On dit ‘libre’. Sexualité libre.
- « Orgasme selle de vélo ».
Il faudrait en toucher un mot à Décathlon. Y’a une extension des activités possible, là.
To be continued, of course.
mercredi 4 juillet 2007
Alea jacta est.
Choc. Force. Piège.
Comme une envie de mourir qui disparaît. C’est en train de m’arriver. J’ai la respiration coupée, mon estomac hurle. Et seul mon estomac parviendra à hurler. Je prends conscience du ridicule de ma force physique. Je suis un bout de chiffon. Ce n’est pas comme dans les films, c’est très long ; pourtant dans l’absolu ce ne sont qu’une poignée de minutes. La relativité est un concept surprenant.
Je suis juste paralysée. J’ai très peur de mourir. Je suis enragée, je pleure fort. Les seuls sons qui me parviennent sont ceux de mon cœur qui bat la chamade, et les siens. Je suis insultée dans tout mon être. Ou peut être dans mon absence d’être, je ne suis plus rien qu’une merde sur un trottoir, après tout.
La délivrance passe. Elle ne fera que passer d’ailleurs, elle me laissera crever sur mon trottoir. L’incarnation de la délivrance est en pleine conversation téléphonique, cela donne l’illusion qu’une armée de délivrance est en marche. Je reviens à moi, sur ce trottoir. Mes forces me reviennent un peu, je me débats. Il s’enfuit, ce connard au téléphone risque de le surprendre.
Je me retrouve seule. Il faut que je me lève et que je courre à l’abri. Je ne sais plus trop ensuite.
La longue douche bouillante. Puis toutes les autres, avec cet acharnement grotesque.
Ce n’est pourtant jamais parti. C’est comme cette odeur de merde qu’on écrase sur un trottoir ; tenace.
Je veux ma mère. Mais elle me le dira, je l’ai bien cherché, voire mérité.
Il faut que ça sorte.
mardi 30 janvier 2007
Chroniques du Vide et miroirs sans teint.
J’ai été découverte.
Sous mes airs inaccessibles, assurés voire même parfois hautains, le vide.
Vide :
[nom masculin]
Le vide désigne l'absence de matière.
Dans le sens commun, lorsque l'on dit qu'un contenant est vide, il est en fait rempli d'air qui adhère à tout.
Comme qu’elle est astucieuse, cette définition, ho ho ho.
Elle est toutefois inexacte. L’absence de matière caractérise le néant. Le vide est, lui, plutôt constitué de l’absence de beaucoup de matière, mais pas de toute. Quelques atomes terrorisés subsistent encore et toujours, par-ci par-là. On s’en fout ? Non.
Il se trouve que je me retrouve beaucoup dans cette définition du vide. Pan dans l’ego.
[INDIVIDU X]
Un individu normalement constitué a une appréciation de lui.
Il estime plus ou moins son intellect, ses atouts ou absence d’atouts physiques, et a une idée plus ou moins poussée de sa personne dans sa globalité. C’est ce que l’on appelle l’image de soi.
Elle est sensée refléter ce que l’on est (avec certes une exactitude toute relative). L’image de soi peut être soumise à des variations, mais doit rester assez stable dans l’ensemble. C’est un noyau dur qui garanti la solidité de notre cher individu.
[INDIVIDU Y]
Prenons maintenant le cas d’un individu un peu moins bien constitué.
Il n’a pas su se forger une image stable de lui (il est un petit peu con). Une partie bien enfouie de lui est convaincue d’être gros, moche, con, et un peu salaud. L’autre partie de lui immergée n’en sait rien du tout et nage en plein dans le bénéfice du doute (vive la présomption d’innocence). On constate donc que chez lui cohabitent deux images de lui différentes : une image de lui négative, et une image de lui vide.
- L’image négative est plutôt stable, et conquérante qui plus est. Elle essaye tant bien que mal d’écraser l’image vide. Elle est sécurisante car stable.
- L’image vide cherche désespérément à se faire une opinion, si possible positive (le vide cherche toujours à absorber de la matière). Et elle va aller chercher ça auprès des individus extérieurs. En effet, chaque personne que vous rencontrez vous renvoie une image de vous (son appréciation de vous). L’image vide va donc adhérer au jugement de l’autre.
CONSEQUENCES POUR NOTRE CASSE BURNE D'Y :
Il va accorder beaucoup (trop) d’importance à ce que les autres pensent de lui : effectivement, son image de lui-même dépendra en grande partie des autres.
Il sera donc affecté par le jugement des autres. Un jugement négatif sera dévastateur. De plus, un jugement négatif reviendrait à conforter l’image négative, et ainsi à la renforcer.
Cherchant à éviter à tout prix le jugement négatif, il fera tout pour plaire au plus grand nombre (activité qui le mènera à se fabriquer des rôles).
Il sera instable : il peut y avoir autant de personnes extérieures que d’appréciations.
Il sera attiré par les individus lui renvoyant une image particulièrement positive (flatteuse) de lui-même. En effet, ils sont une source sécurisante de jugement. Les aimer revient en fait à s’aimer soi même.
PERTE DE L'AUTRE :
Conséquence directe du problème d’image, notre bien aimé (ou pas) Y éprouvera pas mal de difficultés pour ce qui est de l’acceptation de la perte de l’autre. Précisions.
L’individu Y (Yvonne) rencontre l’individu A (Albert).
Albert renvoie à Yvonne une image très positive d’elle même (en lui manifestant de l’intérêt, en recherchant sa compagnie, en lui trouvant des qualités multiples, diverses et variées).
Yvonne est bien évidemment très heureuse de cela : Yvonne s’aime (presque), puisque qu’elle a adhéré au jugement positif qu’Albert a d’elle. Yvonne va bien sûr chercher à ce que cela continue.
Mais là, tout se complique pour Yvonne. Il se trouve que notre coquinou d’Albert veut l’entraîner dans une relation sexuelle (ce n’est qu’un exemple, bien trivial je vous l’accorde).
Yvonne, pour des raisons diverses et variées ne veut pas (pas envie, en couple, etc.).
Cependant, cela pose problème à Yvonne de dire simplement « Non ».
En effet, refuser reviendrait peut être (voire probablement) à perdre Albert, et par la même occasion l’image positive qu’il renvoyait à Yvonne. Albert se détournera d’Yvonne, voire lui renvoiera à présent une image négative d’elle même.
Yvonne sait pertinemment que si elle dit non, elle perdra Albert, qui peut être un individu très intéressant, sympathique etc. L’image plutôt positive qu’elle a d’elle-même grâce à Albert est menacée d’être remplacée par une image négative (si Albert n’aime plus Yvonne, c’est qu’elle n’est pas digne d’être aimée).
Dilemme pour Yvonne ! Elle n’accepte pas de perdre Albert et l’image positive.
Deux solutions : soit Yvonne se laisse faire, soit elle fuit.
Résumons :
Notre individu Y peut être amené à faire quelque chose qui ne lui convient pas uniquement dans le but de ne pas perdre l’Autre (et l’image positive que cet Autre lui renvoie).
Evidemment ce n’est pas un comportement adéquat, il peut entraîner Y dans des situations nuisibles.
DERESPONSABILISATION :
Il ne faut bien entendu pas déresponsabiliser l’individu Y. Certes, son image de lui dépend en grande partie des autres. Cependant, si c’est le cas, c’est son problème, non ? C’est donc à lui qu’il appartient de le résoudre.
ERREMENTS ET AUTRES LACUNES :
- Pourquoi, diantre, ce Connard d’Y ne remplit-il pas son vide tout seul ?
« Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme ».
Il n’est donc, en toute logique, pas possible de « créer de la bonne image » pour combler ce vide.
Il serait en revanche possible de transformer l’image négative (allez savoir comment).
- D’où elle vient, cette image négative stable ?
De *qui* elle vient, sûrement.
Papa, Maman, une brebis qui passait, pas de bras pas de chocolat. Pas de certitudes, sinon qu’elle remonte à loin.
- Pourquoi DEUX images ?
Beaucoup de choses vont par paires, vous trouvez pas ? Alors, une de plus, une de moins…
C’est un constat que fait Y. Il sait que son image de lui est soumise à d’importantes fluctuations. Il constate qu’une partie de lui est soumise au verdict des autres individus, et que l’autre partie de lui a image très négative de lui-même.
- Pourquoi Y est il si superficiel ? Pourquoi s’attarder autant sur son image ?
Relis, ducon.
Sinon, l’image correspond à la réalité que l’on appréhende de soi. Si sa propre image est fixe, stable et construite, très bien. Si il y a une inconnue à ce niveau là, ça pose problème. Cela pose d’autant plus problème que l’inconnue est soumise à de grandes variations (la marrée, les éphémérides, quantité d’ice tea dans le sang, etc.).
Voilà, nous avons fait globalement le tour.
Je serai très heureuse de corriger les incohérences de mon postulat. Bah oui, Yvonne et moi ne faisons bien entendu qu’un, et bien que parler de soi à la troisième personne permet un certain recul, il n’en évite pas moins les pannes de rigueur objective.
Rataplan, devinez quoi ?
Je ne suis officiellement pas équilibrée.
mercredi 22 novembre 2006
Trou noir, ou à la recherche de la sexualité perdue.
J’ai perdu ma sexualité.
Je ne suis plus guère qu’un morceau de viande honteuse d’être nue, honteuse de mes désirs et de ma chair. Je n’ose plus laisser libre cours à mes fantasmes sinon à mon imagination. Je suis devenue exclusivement binaire : va et vient. Point barre.
Je me foutais bien d’être la prostituée, attendu que le regard de l’autre témoigne d’un putain de désir. J’étais entreprenante lorsque l’envie m’en prenait et aventurière à mes heures perdues.
Et j’en pleure parce que j’ignore ce qu’il s’est produit pour n’être devenue qu’un trou inerte, paralysée devant l’éventualité d’être jugée voire condamnée pour ce que je fais au pieu. J’ignore d’où provient la fuite d’assurance sexuelle dont je jouissais auparavant.
Alors j’appréhende le sexe. Je tourne autour, j’esquive, ou j’enclenche le mode binaire. J’en ai assez d’avoir besoin d’être rassurée, assez d’avoir peur de risquer d’être risible, assez de me sentir aussi sensuelle qu’une vodka glacée, et assez de ne pas arriver à l’exprimer.
Ainsi je romps temporairement toute communication sexuelle, et ne fais plus qu’un avec ma couette.
jeudi 7 septembre 2006
Péché mignon, ou massacre à la tronçonneuse
Le meilleur mot pour qualifier ce dont je parle est : pulsion.
Exemple trivial :
Vous ressentez une sensation neurologique très désagréable qui réclame une réponse imminente de votre part :
- Une piqûre d’insecte vous démange avec insistance.
Vous usez de n’importe quel moyen pour soulager cette sensation [mains, visage, asperge].
Vous prenez parfois grand plaisir à assouvir cette pulsion, tellement elle était vigoureuse.
Modèle du phénomène [wiki] :
1. La source de la pulsion, qui trouve toujours son origine dans le corporel et qui se traduit par une tension.
2. Le moteur interne qui exerce la pulsion vitale.
3. Le but, que soit visé un état actif ou passif.
4. L'objet de la pulsion, c'est-à-dire le moyen [peu importe lequel], qu'elle trouve pour s'accomplir et ainsi faire baisser la tension
Application :
Mes moyens d’assouvir cette pulsion dont je fais épisodiquement l’objet impliquent une certaine notion de destruction :
- Toxicomanie.
- Boulimie.
- Automutilation.
Forcément, je me tourne vers ce qui est disponible dans l’instant.
La boulimie possède un statut un peu à part. En effet, elle est utilisée pour soulager quelque chose, mais en aucun cas une orgie gustative ne pourra soulager certaines de ces tensions. A ce moment là, je me tournerai vers les autres moyens.
La toxicomanie reste le grand favori, mais cela peut s’expliquer par la dépendance occasionnée par le produit [et aussi par l’efficacité éclair de la substance magique].
Les sensations qui appellent à une réponse arrivent généralement suite à certains évènements impliquant l’Autre.
Ces évènements peuvent être en toute objectivité mineurs, et j’admets que mes réactions émotionnelles sont tout à fait disproportionnées.
Je n’arrive toutefois pas toujours à identifier l’évènement déclencheur. Ce dernier s’avère être parfois tellement mineur, ridicule, que ça ne me vient pas à l’esprit. Et puis il y a une certaine honte à constater que certaines choses dites, faites [ou au contraire l’absence de choses dites ou faites] occasionnent une si grande réaction. A la réflexion, c’est l’absence, justement, qui provoque le plus de dégâts.
Mouais, tout ça, ça a la gueule d'un vide affectif combiné à une mauvaise estime de soi.
La solution serait donc, logiquement, de combler les vides affectifs par autre chose qu’un acte impulsif ridicule et destructeur. Et par quoi, mesdames, messieurs, comble-t-on un vide affectif ? Diantre, mais c’est bien sûr, par de l’affection !
Sauf que.
On ne remplace pas une envie de courgette par un avocat, aussi bon soit-il.
Encore faut-il savoir à quoi/qui correspond la courgette.
Donc quand on ne sait pas, ou quand on ne peut pas se procurer la courgette en question, on a envie d’annihiler les émotions et sensations générées par l’absence de ma super courgette. Cela passe ainsi par une suppression pure et simple des symptômes par une plaquette de xanax, un cutter, etc.
On me dit dans l’oreillette que par la volonté, on peut lutter contre ces passages à l’acte.
Ca ne doit pas être si faux que ça, après tout, ce ne sont que des moyens envers lesquels on développe une dépendance. La volonté, ça permet effectivement d’arrêter la clope, si je ne m’abuse.
D’accord, sauf que les mécanismes qui induisent à la dépendance nicotine sont quand même plus simples. On devient accro à la cigarette parce qu’un jour, on a essayé de fumer comme les grands. Nul vide affectif à la source, là dedans, donc la dépendance s’arrête en s’abstenant de fumer, purement et simplement. [Et quand on voit le nombre de fumeurs qui ne parviennent pas à régler leur manque de nicotine…]
Après, quand une courgette atomique [le vide affectif] vous pousse à trouver un moyen de vous soulager, et que vous ne pouvez pas arrêter ce besoin, ça devient légèrement plus ardu. Vous pouvez arrêter de vous mutiler, ça n’arrêtera pas la bourrasque d’émotions pénibles provoquées par l’absence de ma bien aimée courgette.
Ci gît ma déclaration d’amour destinée à Courgette, créature source de prodigieux émois :
Va te faire foutre.
[Et accessoirement, tu dois être dégueu en gratin.]
lundi 4 septembre 2006
Work Session
Son regard était empreint d’angoisse.
Il fixait tantôt la porte, tantôt moi. Les rapides qui parcouraient ses tempes semblaient battre au rythme de sa détresse. Quelque chose de grave allait donc se produire, ici et maintenant.
J’attendais, la cigarette aux lèvres, les mains moites. Nos pieds cognaient la cadence. Mon patron attendait quelque chose, son changement d’attitude en témoignait. Cette porte derrière moi semblait dissimuler quelque terrible évènement. Je n’osais me retourner. Ensemble, accoudés à la petite table en bois, nous semblions fumer la cigarette des condamnés. J’ai songé à fuir. Fuir, courir loin de l’inéluctable.
Et puis c’est arrivé. Un bruit m’alerta du mouvement des charnières. Elles avaient été huilées.
Mon patron planta ses yeux dans les miens.
« Ca y est, ma femme est partie ! ON PEUT BOIRE ! »
Véridique. J’aime mon travail.
dimanche 3 septembre 2006
Le retour de la vengeance 36
Je n’ai plus fait mes devoirs depuis un certain temps. Je me suis flagellée deux fois et demi ce matin, pour la peine.
Mais mesdames, mesdemoiselles, messieurs, aujourd’hui je vous reviens [j’ai bien dit aujourd’hui, demain est un autre jour] ; en effet, n’ayant plus accès aux plaisirs de la masturbation sexuelle, je retourne m’adonner aux joies de la masturbation du cervelet.
Les principales causes de ma remarquable inactivité sont de l’ordre du bouleversement géographique, financier, sexuel et amoureux. Amoureux. C’est dingue comme je déteste ce mot. Amoureux.
Essaye encore.
Je ne suis pas très fière de moi. J’ai failli à ma mission principale : vivre seule.
Supair-man a encore frappé, avec une paire de fesse ravissante, armé d’un appartement qui l’est [presque] tout autant. Tenez vous bien, il est livré avec l’expérience, les diplômes, les qualités psychologiques [/psychiatriques] à la pointe de la technologie, deux pc, du matériel sexuel potentiellement fonctionnel, des cheveux, et les boissons. Le mode d’emploi n’est évidemment pas livré avec l’appareil, mais il est plug’n’play.
J’ai fait le terrible constat, lors du déménagement, que ma vie entière se tassait aisément dans deux cartons aux dimensions modestes. Et quatre DVD de donnée ; l’honneur est sauf.
Je suis euphorique : pour la première fois de ma vie, j’ai une adresse simple.
J’ai découvert la face cachée de ma pilule préférée : j’ai nommé feu mon stock de xanax. J’ai fait la connaissance de ce que l’on appelle communément le syndrome du manque.
Poo-poo-pi-doo.
J’ai redécouvert les joies des mauvaises ruptures. Celles où l’on se sent coupables d’on ne sait quoi. De ne plus aimer, sans doute. Ou d’en aimer un autre. Les deux.
Mais j’ai découvert par ailleurs que l’on pouvait profondément, platoniquement aimer un ancien conjoint. Et que cela pouvait perdurer.
Ô joie.
J’ai été confrontée à des concepts qui m’étaient inconnus : l’intégrité du corps et de l’esprit, par exemple. Prodigieuse découverte inutile. Non non, vous n’avez pas bien saisi : votre conscience et votre corps ne constitueraient qu’un seul ensemble indissociable. Une seule voix. Votre corps reflèterait votre conscience et vice-versa.
Traumatisant.
Période relativement empreinte d’aspirations mystiques. Fabriquez moi une asymptote absurde vers un infini qui plonge dans le néant.
Je vous disais que Supair-man possédait moult qualités : celle de réveiller en vous quelques espoirs incompréhensibles en fait partie.
J’ai pris conscience que les voies de mon clitoris étaient impénétrables. Celles de mon vagin [et du reste] un peu moins.
As de pique.
Les temps exigent que je me frotte aux administrations.
À moi, les joies des salles d’attente, où tout ce que l’on trouve à faire, c’est d’essayer de trouver la racine cubique du joli numéro inscrit sur ce précieux petit bout de papier. À moi aussi, le plaisir de côtoyer ces charmantes dames à l’humeur communicative. Le visage illuminé par les lumières des photocopieuses, les doigts que l’on devine agiles à force d’acrobaties dactylographiées, le regard vif, le ton coquin, le poil brillant, la guerre des pointes sèches. Je m’égare.
Ce monde est fabuleux.
Note subsidiaire : J’ai 20 ans, et je suis encore une petite fille.
