Introspections et tergiversations d'un esprit troublé

Ou Comment tourner en rond pas l'exemple.

vendredi 11 avril 2008

Envie de plein de choses. Manque de plein de choses. Besoin de plein de choses. Terrifiée.
Ma vie va bien mais je ne vais pas bien. Je ressens plein de choses en contradiction avec ce que je vis. Je suis en manque, j’ai constamment l’impression qu’il y a quelque besoin vital frustré dont je n’ai pas connaissance, quelque chose qui devrait être mais qui n’est pas.
Je suis en manque, et la frustration s’accompagne d’une multitude de sentiments désagréables. En vérité, je ne sais pas si ces sentiments sont la cause ou la conséquence de cette frustration. J’ai honte. Je serais gênée qu’un être puisse connaître l’ensemble de mes pensées et de mes sentiments, Dieu lui-même, dans Sa grande miséricorde, se foutrait de ma gueule. Pute.

J’ai l’impression que ma peau se distend. Je ressens des plis qui n’existent pas. Je ressens ma chair, douloureusement. Hier soir j’ai longuement pleuré avant de parvenir à m’endormir. Je ressentais ma peau, ça me faisait presque mal, ça m’empêchait de dormir.
J’ai besoin, j’ai envie que la terre entière bande pour moi. Qu’elle m’hurle que je suis belle, même si je sais que non. Ou qu’elle m’hurle que je suis laide, pour ne plus craindre qu’elle le découvre.
J’ai envie de hurler, de chialer fort et de tout faire sortir, de brûler tout ça, toute cette frustration, de ne pas avoir honte.
J’ai envie de me sentir unique et exceptionnelle. J’ai envie d’éradiquer cette médiocrité qui me colle à la peau.
J’ai envie d’y arriver seule.

J’ai une impression d’écroulement imminent.
J’ai très peur. Pourtant tout va bien.

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vendredi 25 janvier 2008

Bacchanale fantastique et du m&m's apocalyptique

Il y a quelque chose qui commence très sérieusement à me lourder.
Bougresse que je suis, je tombe dans le panneau à tous les coups. Je suis cyclique, que voulez vous.

Pour cerner le phénomène, je vais d’abord en délimiter les contours.
Les cycles débutent et se finissent en fonction de mon état affectif et passionnel.
- Enclenchement : Ca sent le roussi. Ca sent le changement, ça sent le début de la fin de mon couple. Je suis prête à aller voir ailleurs si j’y suis pas mieux.
- Fin : Je suis allée voir ailleurs, et cet ailleurs était bien mieux, en effet. J’y reste. Ca se stabilise. Fin du cycle.
Si l’on veut être synthétique, il est là question de stabilité dans le contexte affectif, où l’instabilité correspond aux premiers temps du cycle, et la stabilité à ses derniers.

Super. Et il se passe quoi ?
Il y a différents aspects.

Aspect alimentaire :
Forcément. Le corps s’exprime mieux que tout le reste, on dirait.
Début du cycle : Je ne mange plus. Plus beaucoup. Je ne ressens pas le besoin de manger, et ressentir la faim devient agréable. Je fais durer le plaisir de ne pas manger. Je perçois la nourriture positivement, et lorsque je me sustente, je n’en ressens aucune culpabilité.
Fin du cycle : Je ne pense qu’à manger. J’ai besoin de manger. Pas par faim, non, juste pour ingurgiter. Il faut remplir, si possible avec ce qu’il y a de pire. Et résister n’est que mieux reporter. Je ressens une honte inqualifiable à l’idée qu’on sache exactement ce que j’absorbe et dans quelles conditions, alors je fais mon possible pour sauver les apparences. Je suis rongée par la culpabilité.

Aspect physique :
Lié à l’aspect alimentaire.
Début du cycle : Cela varie en intensité : je me sens bien, extatique, légère. Je n’ai pas honte de mon corps. La petitesse de mon alimentation génère quelques répercutions quant à mon poids (ô joie, même pas mal).
Fin du cycle : Je mange triple,  mon corps a un peu changé. Assurément pas autant que je le crois, mais ça ne change rien à la gêne et à la honte qu’il me cause. Je me sens lourde, je ressens ma chair lorsque je bouge, lorsqu’on me touche. Il y en a trop, cela entrave mes mouvements. Je me sens repoussante.

Aspect couple :
Début du cycle : Il n’y en a pas, ou alors c’est une rediffusion de la guerre mondiale. La seconde.
Fin du cycle : On est dans la deuxième phase du couple, la phase de stabilisation. Tout va (plus ou moins) bien. C’est là que naissent généralement les premiers conflits. C’est aussi là que ma tendance à déprécier l’affection que peut me porter l’Autre surgit : non, tu ne *peux* pas kiffay mon popotin, tu ne sais rien mon pauvre ami. Je doute de moi, donc de l’Autre à des proportions variables. Le besoin que j’éprouve à ce que l’on me rassure se fait impérieux, mais je temporise. 

Aspect émotionnel :
Début du cycle : La joie, l’allégresse, aimons nous tous en cœur, mais surtout moi, faut pas déconner. Je me sens d’humeur à socialiser. Ben oui, il faut bien que je baise. Humeur stable à pic.
Fin du cycle : Remake de Space Mountain en plus pathétique. Ca monte, ouh c’est bon. Ca descend et voilà que je me brûle, me coupe, me fais vomir, tout ça en même temps, à l’horizontale,  à la verticale, voire plus selon la créativité et l’agilité du moment. Il y a un vide à combler. Je panique. Mais ça remonte, et puis fatalement, ça redescend. Mais sauvons les apparences, of course.

Mais pourquoi, grands dieux, POURQUOI faire ?
Mon toubib aux bonbons qui vous suppriment un troupeau de vaches a sa conception des choses. Le petit malin.

Il part du postulat que mon but ultime dans la vie, c’est de recréer une « relation incestuelle » (oui, -uelle, pas –ueuse)  à l’image de celle que j’entretenais avec ma chère et tendre maman. Soit. L’idée, c’est de combler le vide qu’elle est censée avoir laissé béant lorsqu’elle a pris la décision éclairée de me jeter. En théorie, je recherche donc à recréer une interaction similaire au sein de mon couple, dans l’espoir vain de faire de moi quelqu’un de complet, à nouveau. Chouette.

C’est très joli, mais on s’en fout pas mal. Ca ne change rien à cette effroyable certitude, à cette prédiction eschatologique, à cette perspective dramatique : je vais être serrée dans mes jupes.

Don’t panic, une stratégie de défense youppi-tralala à mon endroit est en cours d’élaboration, et toute tentative de résistance sera futile. Ou pas.



Conclusion :
Si je ne mange pas, vous avez toutes vos chances. Prenez-moi toute, petits paltoquets.


 

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mercredi 26 décembre 2007

Ci-gît l'amour filial.

Et c'est ainsi que Maman est venue, et a tout foutu en l'air.
En un instant, elle a tout balayé. J'avais cru m'être affranchie de ses verdicts ; je redécouvre l'asservissement amoureux. Incapable de l'attaquer, de me défendre, elle était là telle une vierge aux allures de salope dans son manteau de fausse fourrure, à m'assener de ses toutes saintes vérités. Je ne pouvais qu'être condamnée, pécheresse  coupable de s'être détournée de sa toute puissante et vertueuse parole. À ses côtés, le pape, auprès duquel elle recherchait l'approbation, avec la naïveté d'une petite fille, avec la perfidie d'une salope. Mes juges, mes pères, mes assassins. Je l'ai haïe à cet instant précis avec autant de rage que je l'aime. Si elle n'avait pas été aussi belle, c'est avec ma cuillère à café que je lui aurais arraché ce regard ; celui qui signifie la déception, le mépris, la supériorité manifeste et sans appel du juge, le désamour.
Elle m'a excommuniée de son affection. Après lui avoir donné mon innocence, elle me dépouille de ma stabilité, aussi relative soit elle. Elle a réveillé quelque chose qui ne demandait qu'à dormir.
Elle a imprimé en moi son auguste venin, avec autant de facilité qu'on laisse une empreinte sur du sable. Je suis toujours sa poupée, son jouet, qu'on casse dès qu'il n'est plus source de divertissement.

Je suis le divertissement raté d'une sainte.
Ainsi soit-il, mais va mourir, salope.


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lundi 3 décembre 2007

21 ans

Aujourd’hui, je me regarde dans la glace, et c’est toujours ce corps de petite fille que je vois.
Je revois invariablement cette gamine devant le miroir, sûre que ce corps ne serait qu’une transition, la chrysalide avant le papillon. Une prodigieuse métamorphose se produirait, et à coup sûr, je serais femme, comme Maman. Elle portait même un nom, cette transformation, et on en parlait dans les livres de biologie. Seulement voilà, je ne ressemble toujours pas à Maman, et mon corps est resté à l’état larvaire. Vilain petit canard, aux lignes maladroites et souillées, si éloignées des courbes pures et dessinées des nymphes.
Antisexuel. Ma chair se bat contre moi et toute forme de sensualité. Dégoutant, difforme, disgracieux, imposant, inconfortable, gênant, honteux, humiliant. Le voilà nu, ce corps. 
J’ai 21 ans, et mon corps n’est toujours pas celui d’une femme.
J’ai essayé. Je ne suis devenue qu’un être inachevé, inaccompli, à mi chemin entre l’enfant et l’adulte. Source de honte et de tant d’émois que ce corps ridicule et vulgaire.
Alors je triche. Regarde mon bout de sein, là, et puis mes cuisses que j’exhibe. Je suis une fille, bien sûr. Sexualisation artificielle, à défaut d’être belle. Conneries.

J’ai 21 ans, et je ne suis pas celle qu’il fallait que je sois.
Potentiel. Voilà ce qui me résumait. J’ai failli être belle. J’ai failli être brillante. J’ai failli être grande. Je porte le poids de cette culpabilité de n’avoir réussi à combler tous les espoirs fondés sur ma personne.
J’ai préféré renoncer aux grands avenirs et me jeter à corps perdu dans l’instant, l’immédiat. Je consomme les plaisirs, les instantanés, les émotions. Donnez moi à manger, remplissez moi, car au-delà il n’y a que du vide. J’excelle dans l’art du jour le jour.

J’ai 21 ans, et il est déjà trop tard pour être parfaite.
Papa, Maman, je vous en veux de m’avoir fait croire que je pouvais être parfaite, si j’étais sage.

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dimanche 28 octobre 2007

Mutations du sybarite, et autres constats poignants

Je crois que je suis en train de muter.
Si. Il y a des trucs louches qui m’arrivent en ce moment, j’vous dis.

1. Je travaille tous les matins. Je veux dire, officiellement, dans une entreprise, en CDI, avec toutes les implications surnaturelles que cela impose.
2.Je vais à la fac presque tous les jours. J’y vais pour prendre un ascenseur qui monte très haut, et assister à des cours. 
3.Je recherche un appartement. Pour y vivre seule et responsable, j’entends. Quelque chose qui sonne comme le début d’une vie pseudo indépendante.
4.Je suis, ô ciel, célibataire. Il était temps ? Mauvaises langues.
5.Je ne pense pas à mon poids. J’vous jure.

Vous me croyez, maintenant ?


La seule chose qui n’ait pas encore changé, ce sont mes visites hebdomadaires chez le grand monsieur à lunettes qui donne des bonbons qui font un peu mourir, et pas grossir. Là, chaque semaine, il essaye de me faire avaler quelques évidences. C’est le monsieur qui tente de me tirer vers le haut (chut, pervers).



En parlant de perversité, ma libido tire, elle aussi, vers le haut.

D’ailleurs, mesdames, elle me fait des choses bizarres, ma libido, depuis que j’ai dit STOP à ma pilule pour restriction budgétaire : elle se manifeste. Coïncidence ou relation de cause à effet ?

Quoiqu’il en soit, je me surprends à lorgner sur quelques inconnus dans le métro. L’idée n’est pas de leur taper la discut’ pour entendre l’éventail de leurs connaissances et la richesse de leur âme ; non, l’idée, c’est de baiser.

Quoi de plus normal, c’est ça, la libido, me direz vous ? J’ai omis un détail : l’âge de ces individus en question atteint, tout comme ma libido, des sommets. Très haut, les sommets. Fichtre.

Encore, si mon envie se portait également sur de jeunes étalons fougueux sortant à peine de leur œuf. Mais non, il me faut des rides, du poil, du qui-sent-le-renfermé, du cheveu souvent blanc, de l’expérience, de l’assurance, de la naphtaline, des cicatrices, et, surtout, de la BONNE baise. Allez savoir pourquoi j’ai associé « bonne baise » et « vieux » (pas par expérience).

Bien sûr, dans mes instants de lucidité, je me rends bien compte que ça sonne très « faire l’amour à papa ». Mais quand même, cela n’a jamais atteint ce niveau là de… décrépitude. Ca me troublerait que ce soit cela qui m’ait à ce point éloigné des joies de la semence fraiche.

Je crois que je me figure qu’un homme d’un certain âge baise mieux qu’un jeunot. L’idée de me faire prendre mon pied en prenant son temps, pendant des heures, est farouchement incompatible au jeune padawan, dans mon esprit.

Et puis, j’ai surtout envie de quelqu’un qui m’inspire l’action et tout ce qui s’en suit. J’ai envie de lire du putain de désir dans le regard de l’autre aussi ; ça, entre autre, ça m’inspire. Et cela fait bien longtemps qu’on ne m’inspire pas.



Trêve de discussions lubriques.


Mon cher docteur aux bonbons de la mort me répète qu’il faut arrêter de me remettre en question en toutes circonstances.
C’est ma mission psychédélique actuelle : arrêter de me dire que c’est à cause de moi, dès qu’il y a une merde. Arrêter de me dire qu’un connard est con avec moi parce que je le mérite. Un connard, c’est juste un connard.



J’t’invite à ma pendaison de crémaillère si tu ramènes un bon rouge, voire une belle bleue.
Donne ton âge, quand même, avant.

Hin hin hin.


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mardi 30 janvier 2007

Chroniques du Vide et miroirs sans teint.

J’ai été découverte.
Sous mes airs inaccessibles, assurés voire même parfois hautains, le vide.

Vide :
[nom masculin]

Le vide désigne l'absence de matière.

Dans le sens commun, lorsque l'on dit qu'un contenant est vide, il est en fait rempli d'air qui adhère à tout.


Comme qu’elle est astucieuse, cette définition, ho ho ho.
Elle est toutefois inexacte. L’absence de matière caractérise le néant. Le vide est, lui, plutôt constitué de l’absence de beaucoup de matière, mais pas de toute. Quelques atomes terrorisés subsistent encore et toujours, par-ci par-là. On s’en fout ? Non.
Il se trouve que je me retrouve beaucoup dans cette définition du vide. Pan dans l’ego.


[INDIVIDU X]
Un individu normalement constitué a une appréciation de lui.
Il estime plus ou moins son intellect, ses atouts ou absence d’atouts physiques, et a une idée plus ou moins poussée de sa personne dans sa globalité. C’est ce que l’on appelle l’image de soi.
Elle est sensée refléter ce que l’on est (avec certes une exactitude toute relative). L’image de soi peut être soumise à des variations, mais doit rester assez stable dans l’ensemble. C’est un noyau dur qui garanti la solidité de notre cher individu.


[INDIVIDU Y]
Prenons maintenant le cas d’un individu un peu moins bien constitué.
Il n’a pas su se forger une image stable de lui (il est un petit peu con). Une partie bien enfouie de lui est convaincue d’être gros, moche, con, et un peu salaud. L’autre partie de lui immergée n’en sait rien du tout et nage en plein dans le bénéfice du doute (vive la présomption d’innocence). On constate donc que chez lui cohabitent deux images de lui différentes : une image de lui négative, et une image de lui vide.

  • L’image négative est plutôt stable, et conquérante qui plus est. Elle essaye tant bien que mal d’écraser l’image vide. Elle est sécurisante car stable.
  • L’image vide cherche désespérément à se faire une opinion, si possible positive (le vide cherche toujours à absorber de la matière). Et elle va aller chercher ça auprès des individus extérieurs. En effet, chaque personne que vous rencontrez vous renvoie une image de vous (son appréciation de vous). L’image vide va donc adhérer au jugement de l’autre.


CONSEQUENCES POUR NOTRE CASSE BURNE D'Y :
Il va accorder beaucoup (trop) d’importance à ce que les autres pensent de lui : effectivement, son image de lui-même dépendra en grande partie des autres.
Il sera donc affecté par le jugement des autres. Un jugement négatif sera dévastateur. De plus, un jugement négatif reviendrait à conforter l’image négative, et ainsi à la renforcer.
Cherchant à éviter à tout prix le jugement négatif, il fera tout pour plaire au plus grand nombre (activité qui le mènera à se fabriquer des rôles).
Il sera instable : il peut y avoir autant de personnes extérieures que d’appréciations.
Il sera attiré par les individus lui renvoyant une image particulièrement positive (flatteuse) de lui-même. En effet, ils sont une source sécurisante de jugement. Les aimer revient en fait à s’aimer soi même.


PERTE DE L'AUTRE :
Conséquence directe du problème d’image, notre bien aimé (ou pas) Y éprouvera pas mal de difficultés pour ce qui est de l’acceptation de la perte de l’autre. Précisions.

L’individu Y (Yvonne) rencontre l’individu A (Albert).
Albert renvoie à Yvonne une image très positive d’elle même (en lui manifestant de l’intérêt, en recherchant sa compagnie, en lui trouvant des qualités multiples, diverses et variées).
Yvonne est bien évidemment très heureuse de cela : Yvonne s’aime (presque), puisque qu’elle a adhéré au jugement positif qu’Albert a d’elle. Yvonne va bien sûr chercher à ce que cela continue.

Mais là, tout se complique pour Yvonne. Il se trouve que notre coquinou d’Albert veut l’entraîner dans une relation sexuelle (ce n’est qu’un exemple, bien trivial je vous l’accorde).
Yvonne, pour des raisons diverses et variées ne veut pas (pas envie, en couple, etc.).

Cependant, cela pose problème à Yvonne de dire simplement « Non ».
En effet, refuser reviendrait peut être (voire probablement) à perdre Albert, et par la même occasion l’image positive qu’il  renvoyait à Yvonne. Albert se détournera d’Yvonne, voire lui renvoiera à présent une image négative d’elle même.
Yvonne sait pertinemment que si elle dit non, elle perdra Albert, qui peut être un individu très intéressant, sympathique etc. L’image plutôt positive qu’elle a d’elle-même grâce à Albert est menacée d’être remplacée par une image négative (si Albert n’aime plus Yvonne, c’est qu’elle n’est pas digne d’être aimée).

Dilemme pour Yvonne ! Elle n’accepte pas de perdre Albert et l’image positive. 
Deux solutions : soit Yvonne se laisse faire, soit elle fuit.

Résumons :
Notre individu Y peut être amené à faire quelque chose qui ne lui convient pas uniquement dans le but de ne pas perdre l’Autre (et l’image positive que cet Autre lui renvoie).
Evidemment ce n’est pas un comportement adéquat, il peut entraîner Y dans des situations nuisibles.


DERESPONSABILISATION :
Il ne faut bien entendu pas déresponsabiliser l’individu Y. Certes, son image de lui dépend en grande partie des autres. Cependant, si c’est le cas, c’est son problème, non ? C’est donc à lui qu’il appartient de le résoudre.


ERREMENTS ET AUTRES LACUNES :

  •  Pourquoi, diantre, ce Connard d’Y ne remplit-il pas son vide tout seul ?

« Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme ».
Il n’est donc, en toute logique, pas possible de « créer de la bonne image » pour combler ce vide.

Il serait en revanche possible de transformer l’image négative (allez savoir comment).

  • D’où elle vient, cette image négative stable ?

De *qui* elle vient, sûrement.
Papa, Maman, une brebis qui passait, pas de bras pas de chocolat. Pas de certitudes, sinon qu’elle remonte à loin.

  • Pourquoi DEUX images ?

Beaucoup de choses vont par paires, vous trouvez pas ? Alors, une de plus, une de moins…
C’est un constat que fait Y. Il sait que son image de lui est soumise à d’importantes fluctuations. Il constate qu’une partie de lui est soumise au verdict des autres individus, et que l’autre partie de lui a image très négative de lui-même.

  • Pourquoi Y est il si superficiel ? Pourquoi s’attarder autant sur son image ?

Relis, ducon.
Sinon, l’image correspond à la réalité que l’on appréhende de soi. Si sa propre image est fixe, stable et construite, très bien. Si il y a une inconnue à ce niveau là, ça pose problème. Cela pose d’autant plus problème que l’inconnue est soumise à de grandes variations (la marrée, les éphémérides, quantité d’ice tea dans le sang, etc.).


Voilà, nous avons fait globalement le tour.
Je serai très heureuse de corriger les incohérences de mon postulat. Bah oui, Yvonne et moi ne faisons bien entendu qu’un, et bien que parler de soi à la troisième personne permet un certain recul, il n’en évite pas moins les pannes de rigueur objective.

Rataplan, devinez quoi ?
Je ne suis officiellement pas équilibrée.


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jeudi 7 septembre 2006

Péché mignon, ou massacre à la tronçonneuse

Le meilleur mot pour qualifier ce dont je parle est : pulsion.


Exemple trivial :

Vous ressentez une sensation neurologique très désagréable qui réclame une réponse imminente de votre part :
-    Une piqûre d’insecte vous démange avec insistance.
Vous usez de n’importe quel moyen pour soulager cette sensation [mains, visage, asperge].
Vous prenez parfois grand plaisir à assouvir cette pulsion, tellement elle était vigoureuse.


Modèle du phénomène [wiki] :

1.    La source de la pulsion, qui trouve toujours son origine dans le corporel et qui se traduit par une tension.
2.    Le moteur interne qui exerce la pulsion vitale.
3.    Le but, que soit visé un état actif ou passif.
4.    L'objet de la pulsion, c'est-à-dire le moyen [peu importe lequel], qu'elle trouve pour s'accomplir et ainsi faire baisser la tension


Application :

Mes moyens d’assouvir cette pulsion dont je fais épisodiquement l’objet impliquent une certaine notion de destruction :
-    Toxicomanie.
-    Boulimie.
-    Automutilation.
Forcément, je me tourne vers ce qui est disponible dans l’instant.
La boulimie possède un statut un peu à part. En effet, elle est utilisée pour soulager quelque chose, mais en aucun cas une orgie gustative ne pourra soulager certaines de ces tensions. A ce moment là, je me tournerai vers les autres moyens. 
La toxicomanie reste le grand favori, mais cela peut s’expliquer par la dépendance occasionnée par le produit [et aussi par l’efficacité éclair de la substance magique].

Les sensations qui appellent à une réponse arrivent généralement suite à certains évènements impliquant l’Autre.
Ces évènements peuvent être en toute objectivité mineurs, et j’admets que mes réactions émotionnelles sont tout à fait disproportionnées.
Je n’arrive toutefois pas toujours à identifier l’évènement déclencheur. Ce dernier s’avère être parfois tellement mineur, ridicule,  que ça ne me vient pas à l’esprit. Et puis il y a une certaine honte à constater que certaines choses dites, faites [ou au contraire l’absence de choses dites ou faites] occasionnent une si grande réaction. A la réflexion, c’est l’absence, justement, qui provoque le plus de dégâts.


Mouais, tout ça, ça a la gueule d'un vide affectif combiné à une mauvaise estime de soi.
La solution serait donc, logiquement, de combler les vides affectifs par autre chose qu’un acte impulsif ridicule et destructeur. Et par quoi, mesdames, messieurs, comble-t-on un vide affectif ? Diantre, mais c’est bien sûr, par de l’affection !
Sauf que.
On ne remplace pas une envie de courgette par un avocat, aussi bon soit-il.
Encore faut-il savoir à quoi/qui correspond la courgette.

Donc quand on ne sait pas, ou quand on ne peut pas se procurer la courgette en question, on a envie d’annihiler les émotions et sensations générées par l’absence de ma super courgette. Cela passe ainsi par une suppression pure et simple des symptômes par une plaquette de xanax, un cutter, etc.


On me dit dans l’oreillette que par la volonté, on peut lutter contre ces passages à l’acte.
Ca ne doit pas être si faux que ça, après tout, ce ne sont que des moyens envers lesquels on développe une dépendance. La volonté, ça permet effectivement d’arrêter la clope, si je ne m’abuse.
D’accord, sauf que les mécanismes qui induisent à la dépendance nicotine sont quand même plus simples. On devient accro à la cigarette parce qu’un jour, on a essayé de fumer comme les grands. Nul vide affectif à la source, là dedans, donc la dépendance s’arrête en s’abstenant de fumer, purement et simplement. [Et quand on voit le nombre de fumeurs qui ne parviennent pas à régler leur manque de nicotine…]
Après, quand une courgette atomique [le vide affectif] vous pousse à trouver un moyen de vous soulager, et que vous ne pouvez pas arrêter ce besoin, ça devient légèrement plus ardu. Vous pouvez arrêter de vous mutiler, ça n’arrêtera pas la bourrasque d’émotions pénibles provoquées par l’absence de ma bien aimée courgette.


Ci gît ma déclaration d’amour destinée à Courgette, créature source de prodigieux émois :
Va te faire foutre.
[Et accessoirement, tu dois être dégueu en gratin.]

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mardi 14 mars 2006

Du bordel émotionnel

Diantre, quelle semaine chargée…
Oui, mon grand plaisir ces derniers temps, c’est de crier à qui veut l’entendre que je suis occupée, très prise, OVERbookée [tout ça en même temps], tu vois ?
Parce que Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, il m’arrive quelque chose de terrible : je travaille. Je veux dire, un vrai travail payé. Un vrai travail, au black.
Tout fout le camp.

Semaine chargée en révélations aussi. Dans l’ordre, j’ai appris :
  1) Je suis naïve.
  2) Je suis inconsciente.
La troisième découle tout naturellement des 2 précédentes : je suis vraiment con.
*For sale by owner*

Je me suis instruite à mon sujet aussi, comme quoi les insomnies ne sont pas inutiles, parfois.
Je suis parvenue à démêler quelque peu le foutoir magistral que sont mes émotions. Tout du moins j’arrive à l’exprimer, un peu.

J’ai admis que mes réactions émotionnelles étaient très souvent déplacées, inappropriées et excessives. Et de toute évidence, je suis incapable de les gérer de façon adéquate.
Ca, c’est connu et répertorié de longue date.

Parfois, des dépendances et sentiments forts s’installent contre toute logique dans mes relations interpersonnelles, alors que de façon réfléchie et dans mon for intérieur, je sais que je n’ai absolument rien à foutre de la personne concernée. Ou alors, je m’en soucie, mais absolument pas de cette façon là ; il n’y a au fond qu’une affection platonique.
Ceci explique probablement quelque peu ma sexualité « facile », dirons nous.
Bien sûr, ces dépendances sont quelque peu déconcertantes, surtout lorsque l’on est en couple, avec quelqu’un pour qui l’on éprouve de réels sentiments non éphémères.
Mais si cela s’arrêtait là…

Qui dit « dépendance », dit « besoin ».  Et, vous vous en doutez, ils ne sont évidemment pas satisfaits. En effet, éprouver une dépendance de ce type envers un tiers ne se confesse pas : sa nature éphémère et non authentique rend inutile sa divulgation.
Et puis, surtout, j’en ai honte.
Je trouve ça d’une nullité et d’un ridicule risible d’éprouver une dépendance pour un(e) vague pote/connaissance. Mais impossible de s’en extirper, il faut attendre que ça passe [1 semaine à 1 mois, testé et approuvé].

Donc qui dit besoins non satisfaits, dit douleur. Attention, lorsque je parle de besoins, ce sont des besoins très fort, pas des besoins de tapette.

Aussi, vient un moment où il se passe quelque chose [ou ne se passe pas].
Le quidam en question a fait quelque chose qui vous a fait mal, ou bien vous êtes en manque de lui/elle. Il peut s’agir de quelque chose de complètement insignifiant, mineur.
Et là, c’est le drame.

Une tension à l’estomac s’installe.
Puis hyperventilation.
S’ajoutent ensuite quelques émotions des moins jouissives : frustration, mélancolie très forte, rage intense [vraiment, j’insiste sur le terme], angoisse, sentiment pénible de se sentir vide.
Je suis rapidement submergée.
Je sais que ces émotions ne sont pas justifiées. Mais impossible de les arrêter.
Cela continue, en empirant. A ce moment là, il devient clair qu’il faut faire quelque chose rapidement, tellement c’est insupportable. N’importe quoi.

Toutes les solutions trouvées à ce « faire quelque chose » sont autodestructrices.
Il fut un temps où je prenais en surdose un mélange de médocs, tout ce qui me passait sous la main. Effet pas assez immédiat, hélas.
Dernièrement, la « solution » - ou plutôt la sortie- est encore moins reluisante. J’y développe une certaine dépendance.

J’ai appris il y a quelques jours que ces épisodes émotionnels peu plaisants répondaient au doux nom de « dysphorie ». Au moins, je ne suis pas toute seule à éprouver ça.

Pourquoi développe-je cette dépendance ?

  • Qu’est-ce qui, en ces individus, me pousse à développer cette dépendance ? Pourquoi eux, en particulier ?
    Etant donné qu’aucunes similitudes ou points communs entre ces individus n’ont été observables, la dépendance doit être provoquée par quelque chose de fait ou de dit.
  • Pourquoi cette… « dysphorie » lors d’évènements mineurs, négligeables ?
    J’ai pensé que peut être, au fond, c’est une peur de l’abandon. Certaines actions du crétin provoquent en moi la conviction d’un abandon imminent. Alors ce truc capricieux qui gère mes émotions panique. Croyance fondée sur des choses ridicules et absolument pas justifiée, je pense.

Il est assez impressionnant de constater l’écart qui me sépare moi [le moi qui tente de réfléchir et d’analyser une situation], et le moi qui délivre ces réponses émotionnelles. Et c’est très angoissant. C’est emmerdant de savoir qu’à tout moment je suis capable de plonger dans un état pitoyable, et que rien ne pourra l’en empêcher. Je me sens hors de contrôle, et je déteste ça.

Voilà pour les « bas ».
Sinon, hier j’ai fait un truc fabuleux : j’ai mangé une pomme avec du yaourt nature. C'était prodigieux, cette sensation.

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jeudi 12 janvier 2006

Respecter les doses prescrites

Il ne s’est rien passé.
Pourtant j’ai mal. J’ignore pourquoi les petits rien me font mal.
Alors je vais m’anesthésier.
J’ai à ma disposition quelques pilules miracles aux noms barbares.
Anxiolytiques, hypnotiques.
Respecter les doses prescrites.
Oui, oui.
Parfois, ils provoquent une amnésie. Le plus souvent, je deviens un légume. Fatigué, le légume.
Ils ne sont pas à moi, il y a un marché secondaire. Je fais ma cuisine, 2 de ceux là, 3 de ceux là. C’est parti.

Les émotions, c’est bien ?
Oui, c’est bien. Quand elles sont appropriées.
C’est nécessaire.

Quand elles sont envahissantes, pernicieuses, superflues, non. Souffrance inutile.
J’ai l’impression d’être amoureuse de tout ce qui se passe autour de moi. Chaque rien provoque un pic d’émotions douloureuses.

Je cohabite avec une étrangère. Mon propre corps m’a été livré déjà occupé.
Cette étrangère répond de façon disproportionnée à ce qui l’entoure. Mais c’est moi qui trinque. Je ne la contrôle pas, mais elle, elle contrôle mes émotions.
Alors je l’endors. Tiens, encore 2 de ceux là.
Dors bien.

Je ne sais même pas ce qui les provoque.
Alors je cherche. Pourquoi tu m'empêches de manger ? Mais j’ai faim…
Non, il n’y a vraiment rien.
Je suis en colère.
En colère contre moi-même, mais aussi contre les autres.
Toi, là bas ! C’est toi le responsable ? Non, bien sûr.
Et toi, tu ne m’as rien fait, mais tu vas trinquer aussi.

Je deviens paranoïaque.
Je cherche un exutoire à ce qui me ronge. J’ai mal ? Alors je vais trouver une bonne raison d’avoir mal. C’est parce que toi, tu ne m’aimes pas, et toi, tu me manipules. Toi, tu m’as abandonnée. Et toi, tu veux m’utiliser.

Chut.
L’étrangère s’est endormie. Je vais me transformer en courgette inerte.

Posté par iepsilon à 19:39 - Moi, je - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 7 janvier 2006

Philosophie de la sortie

Voilà, c’est bientôt l’heure.
Il faut que je sorte
.

Et avant même d’avoir franchi la porte, je ressens cette tension, cette anxiété.
Les gens, dehors vont me voir, parfois même me regarder et me toiser.
Je soutiendrai leurs regards, simulant une arrogante assurance. Je leur ferai même baisser les yeux, en tirant la langue parfois.

Certaines personnes m’aborderont quelques fois, me demandant même pourquoi ai-je l’air en colère. En colère ? Non, c’est juste que tu me déranges.
-Un café ?
Non.
-Pourquoi pas ?
Parce que je ne veux pas. Je ne bois pas de café.
-Un verre alors ?
Non.
Devant tant de froideur, ils abandonneront, pensant que je ne les trouve pas assez bien pour moi, ou me jugeant hautaine peut être. Mais ils ne savent rien du tout.

Parfois, ils insistent ; parfois même, ils seront violents.
-T’as un numéro ?
Oui.
-Tu me le donnes ?
Non.
-Pourquoi ? Je te plais pas ?
Non.
-Tu te prends pour qui ?
Joker.

Des fois, ils me suivront. Alors, je plongerai ma main dans une poche de mon sac pour pouvoir sentir le couteau que j’emporte avec moi. Illusoire et ridicule.

Parfois, lorsque je ne supporterai pas que l’on me regarde, je passerai mon chemin, faisant mine de n’avoir rien entendu. Je marcherai vite, je regarderai droit devant moi. Papa m’a un jour dit que cela faisait paraître faible d'avancer tête baissée.

Je me suis promise qu’un jour, j’accepterai le verre d’un inconnu. Je n’ai jamais su comment cela se passait, je suis curieuse. Et puis, je ne serai pas en position d’infériorité, l'enjeu ne sera pas de mon côté. Cela doit être amusant de juger du sort de la personne qui vous invite en 15 min. Entre un coup de couteau et un sourire.

J'éprouve une honte un peu diffuse, une culpabilité. Cela survient par périodes.
Je la ressens lorsque l'on me regarde. J'ai honte  d'être là, comme ça. Je la ressens quand on me parle. Je me sens coupable de tares. J'assume pas.

Posté par iepsilon à 23:55 - Moi, je - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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