vendredi 25 janvier 2008
Bacchanale fantastique et du m&m's apocalyptique
Il y a quelque chose qui commence très sérieusement à me lourder.
Bougresse que je suis, je tombe dans le panneau à tous les coups. Je suis cyclique, que voulez vous.
Pour cerner le phénomène, je vais d’abord en délimiter les contours.
Les cycles débutent et se finissent en fonction de mon état affectif et passionnel.
- Enclenchement : Ca sent le roussi. Ca sent le changement, ça sent le début de la fin de mon couple. Je suis prête à aller voir ailleurs si j’y suis pas mieux.
- Fin : Je suis allée voir ailleurs, et cet ailleurs était bien mieux, en effet. J’y reste. Ca se stabilise. Fin du cycle.
Si l’on veut être synthétique, il est là question de stabilité dans le contexte affectif, où l’instabilité correspond aux premiers temps du cycle, et la stabilité à ses derniers.
Super. Et il se passe quoi ?
Il y a différents aspects.
Aspect alimentaire :
Forcément. Le corps s’exprime mieux que tout le reste, on dirait.
Début du cycle : Je ne mange plus. Plus beaucoup. Je ne ressens pas le besoin de manger, et ressentir la faim devient agréable. Je fais durer le plaisir de ne pas manger. Je perçois la nourriture positivement, et lorsque je me sustente, je n’en ressens aucune culpabilité.
Fin du cycle : Je ne pense qu’à manger. J’ai besoin de manger. Pas par faim, non, juste pour ingurgiter. Il faut remplir, si possible avec ce qu’il y a de pire. Et résister n’est que mieux reporter. Je ressens une honte inqualifiable à l’idée qu’on sache exactement ce que j’absorbe et dans quelles conditions, alors je fais mon possible pour sauver les apparences. Je suis rongée par la culpabilité.
Aspect physique :
Lié à l’aspect alimentaire.
Début du cycle : Cela varie en intensité : je me sens bien, extatique, légère. Je n’ai pas honte de mon corps. La petitesse de mon alimentation génère quelques répercutions quant à mon poids (ô joie, même pas mal).
Fin du cycle : Je mange triple, mon corps a un peu changé. Assurément pas autant que je le crois, mais ça ne change rien à la gêne et à la honte qu’il me cause. Je me sens lourde, je ressens ma chair lorsque je bouge, lorsqu’on me touche. Il y en a trop, cela entrave mes mouvements. Je me sens repoussante.
Aspect couple :
Début du cycle : Il n’y en a pas, ou alors c’est une rediffusion de la guerre mondiale. La seconde.
Fin du cycle : On est dans la deuxième phase du couple, la phase de stabilisation. Tout va (plus ou moins) bien. C’est là que naissent généralement les premiers conflits. C’est aussi là que ma tendance à déprécier l’affection que peut me porter l’Autre surgit : non, tu ne *peux* pas kiffay mon popotin, tu ne sais rien mon pauvre ami. Je doute de moi, donc de l’Autre à des proportions variables. Le besoin que j’éprouve à ce que l’on me rassure se fait impérieux, mais je temporise.
Aspect émotionnel :
Début du cycle : La joie, l’allégresse, aimons nous tous en cœur, mais surtout moi, faut pas déconner. Je me sens d’humeur à socialiser. Ben oui, il faut bien que je baise. Humeur stable à pic.
Fin du cycle : Remake de Space Mountain en plus pathétique. Ca monte, ouh c’est bon. Ca descend et voilà que je me brûle, me coupe, me fais vomir, tout ça en même temps, à l’horizontale, à la verticale, voire plus selon la créativité et l’agilité du moment. Il y a un vide à combler. Je panique. Mais ça remonte, et puis fatalement, ça redescend. Mais sauvons les apparences, of course.
Mais pourquoi, grands dieux, POURQUOI faire ?
Mon toubib aux bonbons qui vous suppriment un troupeau de vaches a sa conception des choses. Le petit malin.
Il part du postulat que mon but ultime dans la vie, c’est de recréer une « relation incestuelle » (oui, -uelle, pas –ueuse) à l’image de celle que j’entretenais avec ma chère et tendre maman. Soit. L’idée, c’est de combler le vide qu’elle est censée avoir laissé béant lorsqu’elle a pris la décision éclairée de me jeter. En théorie, je recherche donc à recréer une interaction similaire au sein de mon couple, dans l’espoir vain de faire de moi quelqu’un de complet, à nouveau. Chouette.
C’est très joli, mais on s’en fout pas mal. Ca ne change rien à cette effroyable certitude, à cette prédiction eschatologique, à cette perspective dramatique : je vais être serrée dans mes jupes.
Don’t panic, une stratégie de défense youppi-tralala à mon endroit est en cours d’élaboration, et toute tentative de résistance sera futile. Ou pas.
Conclusion :
Si je ne mange pas, vous avez toutes vos chances. Prenez-moi toute, petits paltoquets.
Commentaires
Le début du cycle au niveau de l'aspect couple m'a fait franchement exploser de rire à gorge déployée .. hey ! .. tu veux pas co-scénariser mes prochaines productions ?
Cher Vance
Je t'autorise à repomper tout ton saoul (ha ho hi), mais j'exige des droits d'auteur. Réglable en nature.
Mais naturellement ma chère. :)
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