mercredi 26 décembre 2007
Ci-gît l'amour filial.
Et c'est ainsi que Maman est venue, et a tout foutu en l'air.
En un instant, elle a tout balayé. J'avais cru m'être affranchie de ses verdicts ; je redécouvre l'asservissement amoureux. Incapable de l'attaquer, de me défendre, elle était là telle une vierge aux allures de salope dans son manteau de fausse fourrure, à m'assener de ses toutes saintes vérités. Je ne pouvais qu'être condamnée, pécheresse coupable de s'être détournée de sa toute puissante et vertueuse parole. À ses côtés, le pape, auprès duquel elle recherchait l'approbation, avec la naïveté d'une petite fille, avec la perfidie d'une salope. Mes juges, mes pères, mes assassins. Je l'ai haïe à cet instant précis avec autant de rage que je l'aime. Si elle n'avait pas été aussi belle, c'est avec ma cuillère à café que je lui aurais arraché ce regard ; celui qui signifie la déception, le mépris, la supériorité manifeste et sans appel du juge, le désamour.
Elle m'a excommuniée de son affection. Après lui avoir donné mon innocence, elle me dépouille de ma stabilité, aussi relative soit elle. Elle a réveillé quelque chose qui ne demandait qu'à dormir.
Elle a imprimé en moi son auguste venin, avec autant de facilité qu'on laisse une empreinte sur du sable. Je suis toujours sa poupée, son jouet, qu'on casse dès qu'il n'est plus source de divertissement.
Je suis le divertissement raté d'une sainte.
Ainsi soit-il, mais va mourir, salope.