Introspections et tergiversations d'un esprit troublé

Ou Comment tourner en rond pas l'exemple.

vendredi 11 avril 2008

Envie de plein de choses. Manque de plein de choses. Besoin de plein de choses. Terrifiée.
Ma vie va bien mais je ne vais pas bien. Je ressens plein de choses en contradiction avec ce que je vis. Je suis en manque, j’ai constamment l’impression qu’il y a quelque besoin vital frustré dont je n’ai pas connaissance, quelque chose qui devrait être mais qui n’est pas.
Je suis en manque, et la frustration s’accompagne d’une multitude de sentiments désagréables. En vérité, je ne sais pas si ces sentiments sont la cause ou la conséquence de cette frustration. J’ai honte. Je serais gênée qu’un être puisse connaître l’ensemble de mes pensées et de mes sentiments, Dieu lui-même, dans Sa grande miséricorde, se foutrait de ma gueule. Pute.

J’ai l’impression que ma peau se distend. Je ressens des plis qui n’existent pas. Je ressens ma chair, douloureusement. Hier soir j’ai longuement pleuré avant de parvenir à m’endormir. Je ressentais ma peau, ça me faisait presque mal, ça m’empêchait de dormir.
J’ai besoin, j’ai envie que la terre entière bande pour moi. Qu’elle m’hurle que je suis belle, même si je sais que non. Ou qu’elle m’hurle que je suis laide, pour ne plus craindre qu’elle le découvre.
J’ai envie de hurler, de chialer fort et de tout faire sortir, de brûler tout ça, toute cette frustration, de ne pas avoir honte.
J’ai envie de me sentir unique et exceptionnelle. J’ai envie d’éradiquer cette médiocrité qui me colle à la peau.
J’ai envie d’y arriver seule.

J’ai une impression d’écroulement imminent.
J’ai très peur. Pourtant tout va bien.

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mardi 29 janvier 2008

Ras de marée quasi boum-boum.
C’est un verre de pinard à la main, gueulant « CESSEZ», que je prends conscience du pathétique de la situation. Bourrée, je parle soutenu quand je m’énerve, oui, et je t’emmerde.
Se déprécier, se rabaisser, s’immoler, se flageller, same player shoot again. J’en peux plus de systématiqement me rabaisser au niveau de la moquette. J’en peux plus de douter constamment de tout ce qui me compose, au point de ne plus savoir ce que je suis, ce que je vaux. J’en peux plus de prendre comme étalon de ma valeur le nombre de personnes qui veulent me baiser.J'en peux plus d'attendre la bave au coin de la lèvre que vous me jetiez votre appréciation de ma valeur. J'en peux plus de ma soumettre à vous, petits branleurs. J’en veux plus. Il faut que ça s’arrête, tout ça. Ca me rend malade. J’en peux plus de m’évaluer comme une merde. J’en peux plus de m’évaluer tout court. Je veux pouvoir être une merde si ça me fait bander, et de m’en foutre. Je veux m’autoriser à être moche et conne. Je veux m’en foutre, qu’on veuille pas me baiser ou m’aimer. Je veux plus avoir peur de ne pas savoir comment dire, comment faire, comment et comment, tout ça pour vous, pauvres connards. Je veux que vous disparaissiez, laissez moi me reposer. Vous m'usez. Je veux m’en foutre.


Edit du lendemain :
Oh mon Dieu. J'ai même pas l'excuse d'avoir oublié.
La prochaine fois, j'éviterai de me saouler devant le pc, et non accompagnée d'une personne encore plus majeure que moi. Si c'était pas aussi drôle, j'effacerais toute trace de l'existence de ce truc. Mais c'est avec fierté que je constate la quasi inexistence de fautes. Assumons, assumons, que diable. Le lynchage est permis.


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vendredi 25 janvier 2008

Bacchanale fantastique et du m&m's apocalyptique

Il y a quelque chose qui commence très sérieusement à me lourder.
Bougresse que je suis, je tombe dans le panneau à tous les coups. Je suis cyclique, que voulez vous.

Pour cerner le phénomène, je vais d’abord en délimiter les contours.
Les cycles débutent et se finissent en fonction de mon état affectif et passionnel.
- Enclenchement : Ca sent le roussi. Ca sent le changement, ça sent le début de la fin de mon couple. Je suis prête à aller voir ailleurs si j’y suis pas mieux.
- Fin : Je suis allée voir ailleurs, et cet ailleurs était bien mieux, en effet. J’y reste. Ca se stabilise. Fin du cycle.
Si l’on veut être synthétique, il est là question de stabilité dans le contexte affectif, où l’instabilité correspond aux premiers temps du cycle, et la stabilité à ses derniers.

Super. Et il se passe quoi ?
Il y a différents aspects.

Aspect alimentaire :
Forcément. Le corps s’exprime mieux que tout le reste, on dirait.
Début du cycle : Je ne mange plus. Plus beaucoup. Je ne ressens pas le besoin de manger, et ressentir la faim devient agréable. Je fais durer le plaisir de ne pas manger. Je perçois la nourriture positivement, et lorsque je me sustente, je n’en ressens aucune culpabilité.
Fin du cycle : Je ne pense qu’à manger. J’ai besoin de manger. Pas par faim, non, juste pour ingurgiter. Il faut remplir, si possible avec ce qu’il y a de pire. Et résister n’est que mieux reporter. Je ressens une honte inqualifiable à l’idée qu’on sache exactement ce que j’absorbe et dans quelles conditions, alors je fais mon possible pour sauver les apparences avec une marche arrière commandée à l'estomac.Culpabilité.

Aspect physique :
Lié à l’aspect alimentaire.
Début du cycle : Cela varie en intensité : je me sens bien, extatique, légère. Je n’ai pas honte de mon corps. La petitesse de mon alimentation génère quelques répercutions quant à mon poids (ô joie, même pas mal).
Fin du cycle : Je mange triple,  mon corps a changé dans mon esprit, quand bien même ce changement est fictif. Ca ne change rien à la gêne et à la honte qu’il me cause. Je me sens lourde, je ressens ma chair lorsque je bouge, lorsqu’on me touche. Il y en a trop, cela entrave mes mouvements. Dégoût.

Aspect couple :
Début du cycle : Il n’y en a pas, ou alors c’est une rediffusion de la guerre mondiale. La seconde.
Fin du cycle : On est dans la deuxième phase du couple, la phase de stabilisation. Tout va (plus ou moins) bien. C’est là que naissent généralement les premiers conflits. C’est aussi là que ma tendance à déprécier l’affection que peut me porter l’Autre surgit : non, tu ne *peux* pas kiffay mon popotin, tu ne sais rien mon pauvre ami. Je doute de moi, donc de l’Autre à des proportions variables. Le besoin que j’éprouve à ce que l’on me rassure se fait impérieux, mais je temporise et je simule. Tout est sous contrôle. 

Aspect émotionnel :
Début du cycle : La joie, l’allégresse, aimons nous tous en cœur, mais surtout moi, faut pas déconner. Je me sens d’humeur à socialiser. Ben oui, il faut bien que je baise. Humeur stable à pic vers le sommet.
Fin du cycle : Remake de Space Mountain en plus pathétique. Ca monte, ouh c’est bon. Ca descend et voilà que je me brûle, me coupe, me fais vomir, te nettoye la pharmacie, tout ça en même temps, à l’horizontale,  à la verticale, voire plus selon la créativité et l’agilité du moment. Il y a un vide à combler. Je panique. Mais ça remonte, et puis fatalement, ça redescend. Mais sauvons les apparences, of course.

Mais pourquoi, grands dieux, POURQUOI faire ?
Mon toubib aux bonbons qui vous suppriment un troupeau de vaches a sa conception des choses. Le petit malin.

Il part du postulat que mon but ultime dans la vie, c’est de recréer une « relation incestuelle » (oui, -uelle, pas –ueuse)  à l’image de celle que j’entretenais avec ma chère et tendre maman. Soit. L’idée, c’est de combler le vide qu’elle est censée avoir laissé béant lorsqu’elle a pris la décision éclairée de me jeter. En théorie, je recherche donc à recréer une interaction similaire au sein de mon lien "sexué", dans l’espoir vain de faire de moi quelqu’un de complet, à nouveau. Chouette.

C’est très joli, mais on s’en fout pas mal. Ca ne change rien à cette effroyable certitude, à cette prédiction eschatologique, à cette perspective dramatique : il va falloir resserrer les jupes.

Don’t panic, une stratégie de défense youppi-tralala à mon endroit est en cours d’élaboration, et toute tentative de résistance sera futile. Ou pas.



Conclusion :
Si je ne mange pas, vous avez toutes vos chances. Prenez-moi toute, petits paltoquets.


 

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mercredi 26 décembre 2007

Ci-gît l'amour filial.

Et c'est ainsi que Maman est venue, et a tout foutu en l'air.
En un instant, elle a tout balayé. J'avais cru m'être affranchie de ses verdicts ; je redécouvre l'asservissement amoureux. Incapable de l'attaquer, de me défendre, elle était là telle une vierge aux allures de salope dans son manteau de fausse fourrure, à m'assener de ses toutes saintes vérités. Je ne pouvais qu'être condamnée, pécheresse  coupable de s'être détournée de sa toute puissante et vertueuse parole. À ses côtés, le pape, auprès duquel elle recherchait l'approbation, avec la naïveté d'une petite fille, avec la perfidie d'une salope. Mes juges, mes pères, mes assassins. Je l'ai haïe à cet instant précis avec autant de rage que je l'aime. Si elle n'avait pas été aussi belle, c'est avec ma cuillère à café que je lui aurais arraché ce regard ; celui qui signifie la déception, le mépris, la supériorité manifeste et sans appel du juge, le désamour.
Elle m'a excommuniée de son affection. Après lui avoir donné mon innocence, elle me dépouille de ma stabilité, aussi relative soit elle. Elle a réveillé quelque chose qui ne demandait qu'à dormir.
Elle a imprimé en moi son auguste venin, avec autant de facilité qu'on laisse une empreinte sur du sable. Je suis toujours sa poupée, son jouet, qu'on casse dès qu'il n'est plus source de divertissement.

Je suis le divertissement raté d'une sainte.
Ainsi soit-il, mais va mourir, salope.


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lundi 3 décembre 2007

21 ans

Aujourd’hui, je me regarde dans la glace, et c’est toujours ce corps de petite fille que je vois.
Je revois invariablement cette gamine devant le miroir, sûre que ce corps ne serait qu’une transition, la chrysalide avant le papillon. Une prodigieuse métamorphose se produirait, et à coup sûr, je serais femme, comme Maman. Elle portait même un nom, cette transformation, et on en parlait dans les livres de biologie. Seulement voilà, je ne ressemble toujours pas à Maman, et mon corps est resté à l’état larvaire. Vilain petit canard, aux lignes maladroites et souillées, si éloignées des courbes pures et dessinées des nymphes.
Antisexuel. Ma chair se bat contre moi et toute forme de sensualité. Dégoutant, difforme, disgracieux, imposant, inconfortable, gênant, honteux, humiliant. Le voilà nu, ce corps. 
J’ai 21 ans, et mon corps n’est toujours pas celui d’une femme.
J’ai essayé. Je ne suis devenue qu’un être inachevé, inaccompli, à mi chemin entre l’enfant et l’adulte. Source de honte et de tant d’émois que ce corps ridicule et vulgaire.
Alors je triche. Regarde mon bout de sein, là, et puis mes cuisses que j’exhibe. Je suis une fille, bien sûr. Sexualisation artificielle, à défaut d’être belle. Conneries.

J’ai 21 ans, et je ne suis pas celle qu’il fallait que je sois.
Potentiel. Voilà ce qui me résumait. J’ai failli être belle. J’ai failli être brillante. J’ai failli être grande. Je porte le poids de cette culpabilité de n’avoir réussi à combler tous les espoirs fondés sur ma personne.
J’ai préféré renoncer aux grands avenirs et me jeter à corps perdu dans l’instant, l’immédiat. Je consomme les plaisirs, les instantanés, les émotions. Donnez moi à manger, remplissez moi, car au-delà il n’y a que du vide. J’excelle dans l’art du jour le jour.

J’ai 21 ans, et il est déjà trop tard pour être parfaite.
Papa, Maman, je vous en veux de m’avoir fait croire que je pouvais être parfaite, si j’étais sage.

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jeudi 1 novembre 2007

Relation de couple 4.0

Il y a de ces relations qui révèlent en vous quelques failles que vous pensiez corrigées, voire même que vous ne soupçonniez pas. Ces bugs ne disparaissent malheureusement pas après redémarrage du système, ni après fermeture de l’application qui avait établi ces failles (à savoir : Relation_de_couple 4.0).

Dans le but d’élaborer un patch correctif de tous ces bugs personnels, un listing s’impose :


  • GEL ET BLOCAGE DU SYSTEME.
Manifestation : Survient généralement au cours d’une dispute.

Descriptif : Le périphérique de sortie audio principal ne répond plus, ou est perverti. Rappelons que la fonction première de la sortie audio est de vous permettre d’exprimer par des sons les calculs arithmétiques et la logique produits par le processeur (communément : la pensée).
Vous n’êtes plus à même d’exprimer votre pensée en langage clair et cohérent. Le symptôme persiste jusqu’à l’arrêt complet de la sortie audio.
Les autres périphériques ne répondent plus non plus. Exception pour l’application « Cigarette_Stress », qui boucle en tâche de fond.
Vous constatez que le processus « Colère_Rage » nécessite de plus en plus de ressources mémoires. Votre pensée calcule à toute vitesse, mais aucun périphérique de sortie ne vous permet plus de l’exprimer.

Conséquences : D’une, vous avez l’air con. De deux, vous vous en prenez plein la gueule sans pouvoir répondre (ou alors vous répondez, mais vous avez l’air encore plus con avec votre sortie audio pervertie). 

Cause : Probablement une surchauffe due au processus « Colère_Rage ». Autre option, un conflit de logiciel entre les applications « Argumentation_Raisonnement » et « Cogne_le_ce_connard ». Ou les deux.

Résolution : Ah, c’est difficile. La cerise sur le bug, c’est que « Colère_Rage » devient de plus en plus insupportable. Il continue de nécessiter de plus en plus de ressources, même lorsque la dispute est passée, et démarre l’application « Panique ». Il faut faire quelque chose, mais quoi ?
Il y a la possibilité de la petite manip’ médicamenteuse, mais elle n’est pas indiquée si vous avez besoin de garder toutes vos facultés mentales, et surtout si vous ne pouvez pas enclencher « Sleep » tout de suite après. La solution temporaire « Automutilation » semble malheureusement être la plus efficace.
À long terme, il faut corriger le processus « Colère_Rage », trop gourmand en ressource.


  • MODE « PERIPHERIQUE SLAVE ».

Manifestation : Lorsque l’application « Relation_de_couple 4.0 » est pervertie.

Descriptif : Votre compagnon enclenche le thème « Je suis ton père ». Votre bug à vous consiste à déclencher à votre insu le thème « Oui, papa » à la place de « Sabre laser ». Une relation très frustrante s’installe. Vous êtes petit, jeune et con. L’autre système devient grand, sage et expérimenté. Une série de bugs découle de ce thème.

Conséquences : Vous n’êtes qu’une demi-portion. Vous n’êtes plus un système intéressant. Vous avez parfois du mal à démarrer la routine procédurale « Sexe », sous ce thème là. Vous vous soumettez. Tout épanouissement devient impossible dans ce contexte là.

Cause : La dll « Confiance en soi » est corrompue, et provoque une fuite mémoire de « Estime de soi ». La backdoor « Vide_Affectif_pour_ta_gueule » peut être présente dans votre système. L’autre système possède lui aussi quelques prédispositions à ce type de bugs, mais c’est pas mon problème.

Résolution : Arrêt de l’application « Relation_de_couple 4.0 ». En cas de difficultés, tuez les processus connexes, et « Relation_de_couple 4.0 » devrait mourir toute seule. Pour que ce bug ne se reproduise pas, codez une routine afin que le thème « Sabre laser » se déclenche automatiquement en cas de « Relation_de_couple x.x ».
La solution définitive serait de remplacer la dll « Confiance en soi » et d’éradiquer « Vide_Affectif_pour_ta_gueule », cependant aucun correctif n’a été efficace jusqu’à l’heure actuelle.


L’analyse des rapports d’erreur est actuellement en cours, et d’autres bugs devraient être découverts.


Posté par iepsilon à 21:42 - Du rapport humain - Commentaires [2] - Permalien [#]